La premiere semaine s'est ecoulee.
A la maison, ca se passe plutot bien. Ca reste assez cahotique avec Zhea, mais je pense etre en bonne voie, je dedramatise la situation. J'attends de tisser un lien de complicite avec elle pour qu'elle soit receptive a notre belle langue nationale. Tatiana, quant a elle, me comprends tres bien. On bricole beaucoup ensemble.
Pour plus de precisions, le papa est francais (il dirige une boite d'informatique de 180 personnes) et la maman est malaisienne. Ils parlent anglais entre eux mais voulaient faire intervenir une personne francaise exterieure (en l'occurrence, moi), pour que leurs filles fassent un effort.
Sinon, je hais toujours autant les moustiques qui semblent adorer inaugurer ma peau toute blanche (qui ne le restera pas !). J'ai egalement eu droit a mon premier gros mal de ventre, il semblerait que j'ai bu l'eau du robinet sans le vouloir et, pas besoin de vous faire un dessin, je vais aux toilettes 10 fois par jour. Il fallait bien que ca m'arrive !
A ce propos, merci a bengaloccidental pour avoir rectifier mon erreur : le paludisme ne s'attrape effectivement pas par l?eau mais bien par les moustiques !
Nous sommes alles passer deux jours a Pondicherry, plus au sud, ou nous avons dormi et mange dans un luxueux hotel. Les amis de la famille chez qui nous allions vivent dans une communaute -certain diront une secte- nommee Auroville, c'est devenue une ville assez celebre la-bas qui compte quelques 1200 ames, et les grandes maisons sont perdues en plein milieu de nulle part. Ce sont surtout des europeens qui y vivent et j'ai ete surprise d'entendre parler francais quand nous sommes alles acheter du pain.
Sur le chemin, j'ai vu, pour la premiere fois, les populations rurales (qui representent 70% des indiens). Pres des grandes residences, les petits villages s'alignaient, les toits faits de feuilles de palmier sechees. Dans un champs, un fermier gardait ses quelques chevres. Un taxi, deux fois plus petit qu'une auto, transportait une vingtaine de personnes. Notre Honda interieur cuir cottoyait les charrues tirees par les boeufs. Les vaches sacrees se promenent et si vous avez le malheur d'en percuter une, c'est 10 000 roupies d'amende. J'avais l'impression d'etre dans une autre époque, figee. Nous longions la cote est, celle qui fut ravagee par le tsunami, mais pourtant aucune trace concrete de celui ci ne subsiste de l'exterieur. La plage, bordee de palmiers se melait parfois a la terre ocre et seche. L'horizon marin a notre gauche, et la route (pourtant dangereuse) qui s'offrait a nous en face rendaient ce paysage vraiment beau.
Quand j'ai voulu partir il y a quelques mois, j'ai eu le choix entre l'Inde et l'Australie, c'est a ce moment précis que j'ai su que j'avais fait le bon. Terre de contrastes et de contraires.
Les clichés sont surement reducteurs mais jusqu'ici, ceux de l'Inde se revelent exacts.
Je me demande parfois si je suis insensible a ce qui se passe autour de moi. Je suis spectatrice, je me suis forgee une espece de carapace, comme si je n'etais pas directement concernee. J'ai reussi a prendre du recul vis a vis de la misere et on finit par ne plus y faire attention. C'est horrible a dire, mais on s'habitue a tout et on supporte l'insupportable.
Dois je culpabiliser de m'endormir la conscience tranquille, dans ma chambre confortable ? Faudrait-il que je m'en veuille de trouver, malgre tout, ces paysages et ce peuple si beau ? Aurais je du donner a cette femme qui me suppliait dans la rue ? Dois je m'en vouloir d'avoir continuer mon chemin, faignant l'indifference ?
Peut etre. Surement.
On feint d'ignorer ce que l'on ne veut pas voir et qui nous saute pourtant aux yeux, c'est tellement plus facile, de notre point de vue d'occidentaux.
On est tous pareil, degoute, on voudrait pousser un grand cri, mais on se rend vite compte qu'on est impuissant, et cela nous rend impassible. Mais sommes nous reelement impuissants ?
La lune brille avec la meme intensite pour le monde entier, et pourtant, ca ne l'empeche pas d'etre injuste.
Que d'interrogations ! Je suis bien partie pour mon voyage initiatique !
De ma terrasse, j'apercois les vagues qui vous ramenent a moi (ou serait ce grace aux satellites hyper sophistiques ?). Merci au genial inventeur d'Internet !!!
A bientot
PS : Ne possedant pas le logiciel necessaire pour lire mes photos sur l'ordinateur, je ne peux pas vous les transmettres, desole ! Mais j'essaie de faire au plus vite pour y remedier... En attendant, place a votre imagination.
A la maison, ca se passe plutot bien. Ca reste assez cahotique avec Zhea, mais je pense etre en bonne voie, je dedramatise la situation. J'attends de tisser un lien de complicite avec elle pour qu'elle soit receptive a notre belle langue nationale. Tatiana, quant a elle, me comprends tres bien. On bricole beaucoup ensemble.
Pour plus de precisions, le papa est francais (il dirige une boite d'informatique de 180 personnes) et la maman est malaisienne. Ils parlent anglais entre eux mais voulaient faire intervenir une personne francaise exterieure (en l'occurrence, moi), pour que leurs filles fassent un effort.
Sinon, je hais toujours autant les moustiques qui semblent adorer inaugurer ma peau toute blanche (qui ne le restera pas !). J'ai egalement eu droit a mon premier gros mal de ventre, il semblerait que j'ai bu l'eau du robinet sans le vouloir et, pas besoin de vous faire un dessin, je vais aux toilettes 10 fois par jour. Il fallait bien que ca m'arrive !
A ce propos, merci a bengaloccidental pour avoir rectifier mon erreur : le paludisme ne s'attrape effectivement pas par l?eau mais bien par les moustiques !
Nous sommes alles passer deux jours a Pondicherry, plus au sud, ou nous avons dormi et mange dans un luxueux hotel. Les amis de la famille chez qui nous allions vivent dans une communaute -certain diront une secte- nommee Auroville, c'est devenue une ville assez celebre la-bas qui compte quelques 1200 ames, et les grandes maisons sont perdues en plein milieu de nulle part. Ce sont surtout des europeens qui y vivent et j'ai ete surprise d'entendre parler francais quand nous sommes alles acheter du pain.
Sur le chemin, j'ai vu, pour la premiere fois, les populations rurales (qui representent 70% des indiens). Pres des grandes residences, les petits villages s'alignaient, les toits faits de feuilles de palmier sechees. Dans un champs, un fermier gardait ses quelques chevres. Un taxi, deux fois plus petit qu'une auto, transportait une vingtaine de personnes. Notre Honda interieur cuir cottoyait les charrues tirees par les boeufs. Les vaches sacrees se promenent et si vous avez le malheur d'en percuter une, c'est 10 000 roupies d'amende. J'avais l'impression d'etre dans une autre époque, figee. Nous longions la cote est, celle qui fut ravagee par le tsunami, mais pourtant aucune trace concrete de celui ci ne subsiste de l'exterieur. La plage, bordee de palmiers se melait parfois a la terre ocre et seche. L'horizon marin a notre gauche, et la route (pourtant dangereuse) qui s'offrait a nous en face rendaient ce paysage vraiment beau.
Quand j'ai voulu partir il y a quelques mois, j'ai eu le choix entre l'Inde et l'Australie, c'est a ce moment précis que j'ai su que j'avais fait le bon. Terre de contrastes et de contraires.
Les clichés sont surement reducteurs mais jusqu'ici, ceux de l'Inde se revelent exacts.
Je me demande parfois si je suis insensible a ce qui se passe autour de moi. Je suis spectatrice, je me suis forgee une espece de carapace, comme si je n'etais pas directement concernee. J'ai reussi a prendre du recul vis a vis de la misere et on finit par ne plus y faire attention. C'est horrible a dire, mais on s'habitue a tout et on supporte l'insupportable.
Dois je culpabiliser de m'endormir la conscience tranquille, dans ma chambre confortable ? Faudrait-il que je m'en veuille de trouver, malgre tout, ces paysages et ce peuple si beau ? Aurais je du donner a cette femme qui me suppliait dans la rue ? Dois je m'en vouloir d'avoir continuer mon chemin, faignant l'indifference ?
Peut etre. Surement.
On feint d'ignorer ce que l'on ne veut pas voir et qui nous saute pourtant aux yeux, c'est tellement plus facile, de notre point de vue d'occidentaux.
On est tous pareil, degoute, on voudrait pousser un grand cri, mais on se rend vite compte qu'on est impuissant, et cela nous rend impassible. Mais sommes nous reelement impuissants ?
La lune brille avec la meme intensite pour le monde entier, et pourtant, ca ne l'empeche pas d'etre injuste.
Que d'interrogations ! Je suis bien partie pour mon voyage initiatique !
De ma terrasse, j'apercois les vagues qui vous ramenent a moi (ou serait ce grace aux satellites hyper sophistiques ?). Merci au genial inventeur d'Internet !!!
A bientot
PS : Ne possedant pas le logiciel necessaire pour lire mes photos sur l'ordinateur, je ne peux pas vous les transmettres, desole ! Mais j'essaie de faire au plus vite pour y remedier... En attendant, place a votre imagination.

